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Minino GARAY Biographie Actualité Discographie Album photo
Percussions / Batterie
Extrait [20 Años de Pasion]
Endorsement REMO

Il nous vient d’Argentine, mais depuis plus de dix ans, c’est un pilier du paysage musical parisien. Après toutes ces années au service, pardon, aux côtés des autres, Minino Garay sort enfin un premier album en nom propre, avec ses "Tambours du Sud". Tambours et bien davantage, en fait.

Minino, rien que le prénom cultive déjà le paradoxe. En français, tout petit ; le surnom des premières années lui est resté. Et le dit minot est devenu un costaud gaillard à la carrure imposante, à la présence tonitruante et à la poignée de main généreuse, voire broyeuse. Il faut dire que les mains ont fort à faire, à brouiller le tempo pour mieux le marquer. Car le beat de Minino décline d’autres pulsations que celles des voisins brésiliens ou des cousins cubains, une Afrique mêlée d’ingrédients indigènes. Et mâtinée d’une culture jazzy urbaine éminemment parisienne.

Argentine = tango ? Pas si simple, d’abord Minino est natif de Cordoba, métropole irrévérencieuse à l’humour dru, une sorte de Marseille en version argentine, moins la mer. D’où le regard ironique que portent ceux de Cordoba sur Buenos Aires et l’orthodoxie sans faille du tango. Du reste, Minino, formé tous terrains à l’école du bal, pratique tout autant la milonga, la chacarera, la candombé d’Uruguay, voire la cumbia des Colombiens. Un passage météorique (un an) dans sa capitale et le jeune Garay débarque à Paris, en 1989, il a 24 ans : " Cette ville a tant à voir avec notre pays, plus que d’autres capitales européennes, et puis il s’y brasse tant de cultures ". Il fera bientôt partie du paysage.

Ses percussions, le bombo, tambour du cru, et le cajon (prononcer Carhon), cette caisse péruvienne adoptée par le flamenco font merveille, d’abord auprès de ses compatriotes établis ici, Mosalini, Beytelmann, Tata Cedron, Raul Barbosa. Puis, très rapidement, avec des jazzmen parisiens de rencontre. Le début d’aventures parfois durables qui le mèneront aux côtés de Julien Lourau et son Groove Gang, Laurent de Wilde, Magic Malik, Louis Winsberg, Richard Bona, Dee Dee Bridgewater, Booster.

On retrouve d’ailleurs les quatre premiers nommés (et bien d’autres) dans l’album de Minino. Un disque luxuriant où éclate son tempérament généreux et où la grande gueule et la voix de stentor qui le caractérisent, trouvent un exutoire inattendu : il susurre, rappe ou parfois chante des textes écrits par… sa mère, et dictés au téléphone, depuis Cordoba. Outre les susnommés, Minino Garay s’est entouré de complices de haute tenue, notamment le chanteur guitariste uruguayen Pajaro Canzani, la violoniste danoise Line Kruse, l’accordéoniste Daniel Mille, ainsi que son frère et alter ego cubain, le percussionniste Anga Diaz, avec qui il inocule régulièrement la fièvre dans les clubs de jazz parisiens. Sans compter les huit frappeurs majoritairement argentins, qui l’entourent.

A son tour chef de gang, Minino Garay explore des territoires en friche avec un souffle énergétique, ce qui n’est pas contradictoire avec un sens pluriel et singulier de la mélodie. Moderne et ancestral, urbain et andin, indien et noir, sauvage et groovy, chacarera et jazz, le disque de Minino Garay fait de Cordoba la banlieue de Paris, ou le contraire, question d’hémisphère.
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